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Agence d'Urbanisme de la Région Nantaise

L’Agence d’urbanisme de la région nantaise (AURAN) produit des analyses, décrypte les tendances et actualise des données pour les collectivités. C’est un outil partenarial d’aide à la décision pour les élus et une ressource pour la compréhension et la mémoire des territoires.

Nantes Métropole : 50 000 personnes supplémentaires entre 8 heures et midi

D’importantes fluctuations de population à l’échelle de la journée

Au cours de la journée, Nantes Métropole connaît des variations de population substantielles.

Hors population touristique, la population habituellement présente du lundi au vendredi à Nantes Métropole, entre 8h et 12h et entre 14h et 17h, atteint un pic de 630 000 personnes, soit 50  000 de plus que la population résidente. Parmi ces 630  000 personnes, près de la moitié sont dans l’exercice de leur activité professionnelle ou sur leur lieu d’étude ; 40 % sont à leur domicile entre 8h et 12h et cette part atteint 34 % entre 14h et 17h, du fait de la présence plus forte de personnes dans d’autres lieux tels que les rues passantes, les espaces publics ou les commerces. 

Durant la pause méridienne (entre 12h et 14h), la population présente diminue et atteint 620  000 personnes. Cette baisse est imputable au retour d‘un certain nombre d’actifs périurbains à leur domicile : 45 % de la population présente est alors à son domicile. Plus tard, de 17h à 20h, 600  000 personnes sont habituellement présentes dans la métropole : les deux-tiers sont à leur domicile et la part de la population sur le lieu de travail ou le lieu d’étude (14 %) est alors inférieure à celle présente dans d’autres lieux. Enfin, en soirée et au cours de la nuit (de 20h à 6h), la métropole enregistre une faible variation de sa population, alors très proche de son volume d’habitants (580  000). C’est aux alentours de 6h que la métropole s’éveille avec une arrivée d’actifs qui va se poursuivre jusqu’aux heures de pointe : la population présente dépasse alors les 590  000 personnes. 

 

Espaces résidentiels, espaces d’activité : les vases communicants

Le gain de 50  000 personnes entre 8h et 12h par rapport à la population résidente représente le solde de nombreuses arrivées et sorties sur Nantes Métropole. Au jeu des mouvements pendulaires, Nantes est la commune de la communauté urbaine qui gagne le plus de population avec 45  000 personnes supplémentaires aux heures de " bureau ", ce qui traduit notamment la concentration de l’emploi dans la ville. La présence de grands pôles d’activité dans certaines communes de la métropole induit également de fortes augmentations de population présente aux heures de travail : à Saint-Herblain et Carquefou, les gains de population sur le créneau 8h-12h représentent respectivement un quart et un tiers de leur population présente sur le créneau 1h-4h.

 

À l’inverse, un ensemble de communes plus résidentielles de la métropole voient leur population diminuer de l’ordre de - 1  000 à - 2  000 personnes, pouvant représenter jusqu’à près de la moitié de leur population. Au niveau infracommunal, les gains ou les pertes de population sont d’ampleurs inégales selon la localisation : à côté de quartiers résidentiels qui se « vident » en journée, d’autres zones (centres-bourgs, quartiers regroupant les écoles, pôles d’activité…) voient leur population fortement augmenter au cours de la journée. 

L’observation locale des variations de population révèle toute la complexité de fonctionnement d’une grande métropole. D’importants enjeux d’aménagement du territoire en découlent pour la communauté urbaine et au-delà de ses limites. L’offre en matière de transport, de service à la personne ou d’équipement doit couvrir les besoins d’une population qui dépasse celle des seuls résidents à tous les moments de la journée.

 

Une métropole multipolaire

En attirant des salariés provenant de l’ensemble des communes de l’aire urbaine de Nantes et même au-delà, les grands pôles d’activité structurent la métropole aux différentes heures de la journée. Dans cette étude, afin de mieux identifier les enjeux qui se dégagent en termes d’aménagement du territoire, les pôles d’activité ont été regroupés en fonction des lieux de résidence privilégiés par leurs salariés. 

La localisation des personnes présentes à Nantes Métropole au cours de la journée montre un espace urbain à plusieurs polarités. C’est dans "l’hypercentre " de Nantes que se concentrent les plus forts gains de population de la métropole (cf. cartes). "L’hypercentre ", zone de forte concentration d’habitat, d’activité et de services (39 000 emplois salariés), voit sa population présente doubler entre 8h et 12h et entre 14h et 17h par rapport à sa population résidente, avec un gain net de plus de 30  000 personnes. 

Contrairement à la plupart des pôles d’activité qui voient leur population présente diminuer durant la pause méridienne, le volume de population se maintient dans l’"hypercentre " entre 12h et 14h, du fait notamment de la présence de commerces, de lieux de restauration et de services publics. 

Au-delà de "l’hypercentre ", cinq autres grands regroupements de pôles d’activité apparaissent. Dans les pôles d’activité regroupés au « nord-ouest » ou au « nord-est » de la métropole, la population présente entre 8h et 12h et entre 14h et 17h est multipliée par cinq par rapport à la population résidente, pour atteindre près de 30  000 personnes dans chacune des zones. 

C’est également le cas du regroupement de pôles d’activité du « sud-est », avec des volumes de population toutefois nettement moins importants (4  000 personnes présentes).

Dans le regroupement de pôles d’activités du " sud-ouest " de la métropole, qui concentre 11  000 emplois salariés, le gain net de population s’élève à plus de 7  000 personnes au cours de la journée. Sur "l’île de Nantes ", le gain de population entre 8h et 12h et entre 14h et 17h y est comparable, imputable notamment à son pôle administratif.

Les lieux d’études sont également d’importantes zones de polarisation de la population présente dans la métropole. Les quelque 51 000 étudiants et les 110  000 élèves scolarisés dans l’enseignement primaire et secondaire à Nantes Métropole engendrent des pics de population aux heures d’études localement importants, notamment au sein des campus universitaires situés en centre-ville et au nord de Nantes.

 

Nantes Métropole attire des salariés de toute l’aire urbaine

Au cours de la période récente, des actifs travaillant dans la métropole nantaise se sont installés en périphérie, du fait notamment d’une inadéquation entre les prix de l’immobilier et leurs revenus. Cet étalement urbain s’est également manifesté de façon plus ou moins marquée dans les autres grandes aires urbaines françaises. En 2008, la moitié des 290 000 salariés travaillant à Nantes Métropole sont domiciliés à moins de 7,2 km de leur lieu de travail et un quart à plus de 17,7 km. Ces proportions varient selon la localisation de l’emploi dans la métropole. Dans les principaux pôles d’activité du « nord-ouest » de la métropole, elles sont proches de celles observées sur l’ensemble de la métropole : Saint-Herblain, Orvault, Couëron ou encore les iris Durantière et Dervallières-Chézine à Nantes sont les communes (ou quartiers) de résidence privilégiés par les salariés travaillant dans ce secteur. Saint-Nazaire, Savenay, Héric, Malville et Blain sont des exemples de communes plus éloignées qui accueillent une partie de ces salariés. Dans les pôles d’activité du "nord-est " et du " sud-ouest ", 40 % des salariés sont à moins de 7,2 km de leur lieu de travail : pour le pôle d’activité « nord-est », ils sont domiciliés notamment dans les communes de Carquefou, la Chapelle-sur-Erdre, Saint-Herblain, ainsi que dans les iris Beaujoire-Halvêque, Éraudière-Renaudière de Nantes. A contrario, 30 % des salariés de ces deux grands pôles d’activité habitent à plus de 17,7 km de leur emploi (pour les pôles d’activité du « nord-est », dans les communes de Saint-Nazaire, Nort-sur-Erdre, Couëron, et Vallet par exemple). Les actifs travaillant dans l’« hypercentre » de Nantes parcourent globalement une plus faible distance pour rejoindre leur lieu de travail : 65 % d’entre eux sont situés à moins de 7,2 km (contre 50 % pour l’ensemble de la métropole), mais 18 % d’entre eux parcourent au moins 17,7 km. Pour les salariés travaillant sur l’« île de Nantes », ils sont 27 % à habiter à plus de 17,7 km de leur lieu de travail (Saint-Nazaire, Angers et Saint-Philbert-de-Grand-Lieu par exemple). 

 

Garantir l’accessibilité pour tous aux lieux de travail

Ces hétérogénéités de distances à l’emploi selon la localisation dans la métropole sont largement liées aux types d’emplois proposés dans les pôles d’activité et donc aux caractéristiques sociales des salariés. Les ouvriers ainsi que les professions intermédiaires travaillant dans la métropole parcourent globalement une plus grande distance que l’ensemble des salariés pour rejoindre leur lieu de travail (respectivement 8,4 km et 7,8 km pour la moitié d’entre eux). Il en est de même pour les jeunes salariés  : la moitié des salariés âgés de 30 à 40 ans parcourent une distance domicile-travail de plus de 8,4 km, quand elle est de 6,6 km pour les salariés âgés de 50 à 65 ans. Même si l’allongement de la distance domicile-travail n’est pas systématiquement associé à un allongement des temps de déplacements, ces inégalités pourraient refléter pour certaines catégories de la population une plus grande difficulté à se rendre à leur lieu de travail ; d’autant plus que la voiture reste jusqu’à présent très majoritaire pour ce type de déplacements. 

Le phénomène de métropolisation observé dans les grandes villes françaises renforce la concentration d’activités et de population présente en leur sein. Face à ces dynamiques métropolitaines, la garantie d’un accès aisé au lieu de travail pour l’ensemble de la population active s’avère un défi conséquent. Que ce soit pour les pôles d’activité existants ou pour les zones d’aménagement futures, elle pose la question d’une articulation étroite entre les politiques en charge de l’aménagement du territoire, et plus particulièrement celles de l’habitat et du développement économique.

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