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Agence d'Urbanisme de la Région Nantaise

L’Agence d’urbanisme de la région nantaise (AURAN) produit des analyses, décrypte les tendances et actualise des données pour les collectivités. C’est un outil partenarial d’aide à la décision pour les élus et une ressource pour la compréhension et la mémoire des territoires.

Comment mieux appréhender les dynamiques territoriales de l’emploi

Pour mieux appréhender l’emploi local, il importe de se doter des moyens et outils d’analyse afin de mieux connaître son volume et sa structure, puis de se poser la question de son adéquation aux qualifications des habitants et à leur demande.

Apprécier l’emploi sur un territoire est une question complexe qui intéresse tout particulièrement les décideurs locaux. Mais comment le mesurer, à partir de quelles sources, quels indicateurs mettre en avant… ? Plusieurs sources existent. L’Insee tout d’abord fournit annuellement, au travers de la diffusion des données du recensement permanent de la population, une évaluation moyenne de la masse d’emplois et de sa structure par catégorie socioprofessionnelle et grand secteur d’activités. Pôle emploi, ensuite, publie chaque année des données fines, mais celles-ci ne concernent que l’emploi salarié privé non agricole.

Ces données, associées aux données de population, permettent de construire des indicateurs. Un des indicateurs couramment utilisé, notamment dans les SCoT, est le rapport emplois/actifs. La valeur de ce ratio indique le nombre d’emplois offerts sur un territoire pour un actif y travaillant et y habitant. C’est un ratio de concentration qui indique la densité d’emplois par actif.
Dans les principales agglomérations françaises, ce ratio était déjà supérieur à 1 en 1999 et s’est encore renforcé depuis, traduisant une concentration de l’emploi de plus en plus forte sur ces territoires.

 

Cette croissance de l’indicateur de concentration d’emplois est due, certes, à une croissance forte de l’emploi mais aussi parallèlement à une croissance plus faible du nombre d’actifs qui habitent ces territoires. Ainsi se trouvent mises en évidence les interactivités qui existent entre les grandes agglomérations et les territoires environnants, et tout particulièrement périurbains.
Si l’on prend le cas de la Loire-Atlantique, l’indicateur de concentration de l’emploi sur Nantes Métropole et la Carene, déjà supérieur à 1 en 1999, a continué de progresser entre 1999 et 2008. Il a également progressé sur les intercommunalités de Cap Atlantique, Erdre et Gesvres, Cœur d’Estuaire, Grand Lieu et Sèvre Maine et Goulaine tout en restant dans tous les cas inférieur à 1. Dans toutes les autres intercommunalités, il a diminué. La détérioration du ratio est la plupart du temps due à une croissance plus rapide des actifs occupés résidant sur ces territoires que celle des emplois.

La quantité d’emplois offerts dans les grandes agglomérations restera sans doute toujours supérieure à celle offerte dans les territoires environnants, la question qui se pose au regard des contraintes écologiques est celle de la réduction des trajets domicile-travail. Cet objectif passe par la recherche d’une meilleure adéquation des emplois offerts localement à la population active qui réside à proximité. Pour ce faire, il est important d’évaluer puis d’analyser la part des emplois occupés par des actifs qui habitent le territoire. 


En Loire-Atlantique, en 2007, 68 % des actifs habitaient et travaillaient dans la même intercommunalité, pour Nantes Métropole cette part était de 89 %. Pour près des trois quarts des intercommunalités du Département, la part des actifs qui résident et travaillent dans le même EPCI est inférieure à 50 %. De plus, ce rapport n’a cessé de diminuer au cours des vingt dernières années pour toutes les intercommunalités du Département, y compris Nantes Métropole, traduisant une mobilité croissante des actifs.

 

Une deuxième approche en matière d’analyse de l’emploi est de regarder ce qui relève des dynamiques du marché local de l’emploi. L’économiste Laurent Davezies, au travers de ses travaux, propose d’analyser l’activité en distinguant d’une part les activités destinées à satisfaire les besoins des personnes qui habitent le territoire et d’autre part les activités orientées vers la production de biens pour une clientèle plus large. 

Ainsi, il distingue deux sphères, une sphère présentielle et une sphère non présentielle ou encore dite productive. 

La sphère présentielle comprend notamment les activités d’éducation, de santé et d’action sociale, les administrations, le commerce de détail, l’hôtellerie et la restauration, la construction, les activités financières, les services domestiques et le transport de voyageurs. 

 

La sphère non présentielle ou productive comprend l’agriculture, bien qu’une partie de la production agricole produite puisse être consommée sur place, le commerce de gros, la plus grande partie des activités industrielles, les services aux entreprises, la recherche, les activités liées à l’énergie... Globalement, les activités de l’économie productive sont orientées vers les marchés extérieurs au territoire et suivent une logique de l’offre compétitive, alors que l’économie présentielle suit une logique de demande de la population présente.

 

Ces analyses une fois conduites, la question qui se pose est comment animer le marché local de l’emploi pour mettre en relation la demande de travail des entreprises avec les demandes d’emplois des habitants du territoire, qu’il soit communal ou intercommunal. 

Des collectivités se lancent aujourd’hui dans la mise en place d’observatoires locaux de l’emploi. Il s’agit dans un premier temps de recueillir à l’échelle locale des informations périodiques sur le marché du travail en mobilisant différentes sources et partenaires (Pôle emploi, CCI…) en évitant toute redondance. Puis, dans un second temps, de créer autour de cet observatoire un espace de dialogue entre la collectivité et les représentants du monde économique (chefs d’entreprises, CCI, syndicats...) pour favoriser le recrutement des entreprises à l’échelle locale et éventuellement orienter les actions des collectivités pour mieux répondre à la demande des entreprises et des citoyens.

Ces démarches s’inscrivent dans ce que l’on appelle aujourd’hui la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences territoriale (GPEC). C’est l’opportunité à faire naître une coopération locale multi-acteurs sur les sujets d’emplois-compétences, de créer un outil partagé, au service de tout le territoire. L’enjeu de la GPEC territoriale se joue à un triple niveau :
–    celui des entreprises,
–    celui des territoires,
–    celui des salariés et des populations qui habitent le territoire.

L’objectif est, à terme, de réduire les déplacements domicile-travail autant que faire se peut à partir d’une analyse fine des besoins locaux et des qualifications disponibles sur le territoire afin de développer prioritairement un marché local de l’emploi.

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