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Agence d'Urbanisme de la Région Nantaise

L’Agence d’urbanisme de la région nantaise (AURAN) produit des analyses, décrypte les tendances et actualise des données pour les collectivités. C’est un outil partenarial d’aide à la décision pour les élus et une ressource pour la compréhension et la mémoire des territoires.

Les dynamiques socioéconomiques favorables changent la donne en Loire-Atlantique

Observer et comprendre les évolutions fines qui s’opèrent entre la localisation des emplois et des résidences sur un même territoire permet d’appréhender de plus près les éléments constitutifs contemporains d’un marché du travail local, en pleine mutation. Au-delà des actions menées dans le cadre des politiques publiques de l’emploi, il s’agit de prévenir l’émergence ou l’aggravation de freins à l’emploi en synergie avec d’autres compétences locales. Dans un contexte d’accélérations fortes des phénomènes démographiques et des dynamiques économiques, les difficultés de recrutement sont de plus en plus perceptibles. La problématique de l’appariement emploi et compétences trouve ses sources bien au-delà des enjeux de formation. C’est dans son ensemble – logement, mobilités… - que la planification territoriale doit intégrer, en amont des stratégies, les questions d’emploi et de développement économique. Ces quelques repères clés, extraits du portrait approfondi de territoire réalisé par l’Auran sont autant de pistes à investiguer pour chacune des intercommunalités au regard des dynamiques de coopérations pour garantir une qualité de l’emploi et le développement économique sur le département de Loire-Atlantique.

41 000 actifs de plus qu’en 2011 habitent sur la Loire-Atlantique. La hausse de la population active se vérifie sur l’ensemble du département avec une part d’actifs par commune qui dépasse parfois la moitié de la population totale de la commune : Malville, Petit-Mars ou encore Saint-Léger les Vignes ou la Regrippière. La plupart des intercommunalités gagnent davantage d’actifs résidents et d’actifs occupés que d’emplois supplémentaires. Seule l’intercommunalité de Cap-Atlantique perd des actifs et des emplois sur son territoire.

A la lecture de la pyramide des âges, la progression départementale de la population en âge de travailler se poursuivra, voire va s’accélérer entre 2030 et 2050 pour les personnes entre 30 et 55 ans. Ces catégories d’âge seront en revanche moins représentés dans la population totale : 46 % de la population aura entre 25 et 60 ans en 2050 tandis qu’elle compte pour 52 % aujourd’hui (vieillissement).

45 % de la population active s’inscrit dans un profil de cadre, profession intellectuelle supérieure ou profession intermédiaire. Cela représente 11 points de plus qu’en 1999. Ainsi, sur les 658 000 actifs de Loire-Atlantique (en 2016), 114 600 sont cadres, soit 2 fois plus de cadres dans le département en 2016 qu’en 1990. 139 000 ouvriers en Loire-Atlantique, c’est autant qu’en 1990. Enfin, sont présents autant d’employés que de professions intermédiaires. Au-delà des grands volumes, la répartition des évolutions de population se traduit différemment selon les communes et les intercommunalités, en fonction notamment de la source du solde migratoire. Les moteurs sont variables en Loire-Atlantique : certains territoires accueillent un nombre plus important de personnes provenant de l’extérieur du département (ex : Nantes métropole ou la CARENE), d’autres accueillent des ménages déjà présents sur la Loire-Atlantique et poursuivant leur parcours résidentiel (ex : Estuaire et Sillon). Ainsi, une part plus importante des actifs en professions intermédiaires est répartie sur l’ensemble de l’aire urbaine nantaise, reflet des parcours résidentiels des ménages des dernières années, tandis qu’une représentation plus importante des ouvriers s’observe sur les communes extérieures à la zone d’emploi de Nantes.

56 000 emplois salariés privés ont été totalisés en plus entre 2011 et 2018 sur l’ensemble du département. L’accélération de la dynamique économique s’observe partout en Loire-Atlantique avec des rythmes similaires sur chacune des intercommunalités. Si cette croissance ne suffit pas à effacer l’effet de polarisation historique de l’emploi sur la métropole nantaise, le phénomène de métropolisation ne se traduit pas en Loire-Atlantique par une aspiration de l’emploi local par la métropole nantaise. La croissance y est partagée contrairement à d’autres zones d’emploi métropolitaines (Toulouse, Lille ou Montpellier). La zone d’emploi d’Ancenis présente par exemple une évolution annuelle moyenne entre 2015 et 2018 de 3,8 % (3,3 % sur la zone d’emploi de Nantes.

+ 15 %, c’est le rythme de la croissance de l’emploi dans la sphère productive entre 2015 et 2018 en Loire-Atlantique ainsi que sur la zone d’emploi de Nantes. La base économique reste diversifiée grâce à une croissance sur les deux sphères, présentielle et productive de l’économie. Cette base productive se compose d’une industrie encore fortement présente et dynamique, ainsi qu’une partie des activités tertiaires dédiées aux services aux entreprises, recherche et développement... Pour rappel, les activités présentielles sont celles qui sont mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, qu'elles soient résidentes ou touristes.

66,4 %, c’est le taux d’emploi observé en moyenne en Loire-Atlantique. La capacité à mobiliser les ressources humaines du bassin d’emploi est plus fort qu’ailleurs en France (moyenne nationale de 63,4%) et a encore progressé dans les dernières années. La plupart des intercommunalités de Loire-Atlantique ont connu une évolution positive de ce taux entre 2011 et 2016, à l’exception de Sèvre et Loire et Grand Lieu qui présentaient déjà un taux supérieur à 73 %. Dans un autre contexte, Châteaubriant-Derval a maintenu son taux d’emploi. Concentrant des fragilités sociales plus intenses, le taux d’emploi est plus faible en cœur de métropole nantaise et d’agglomération nazairienne, avoisinant la moyenne nationale (le taux d’emploi sur la ville de Nantes est inférieur à 60 %).
Le taux d’emploi mesure la part d’actifs occupés de 15-64 ans résident sur un territoire sur la population en âge de travailler de ce territoire.

64 % des actifs de Loire-Atlantique travaillent dans une autre commune que leur commune de résidence (44 % pour les actifs résidant dans la métropole nantaise). Les dynamiques à l’œuvre et la croissance de l’éloignement domicile-travail sont telles qu’une majorité de communes présentent désormais une part importante de leurs actifs résidents travaillant en dehors de leur commune mais aussi de leur EPCI de résidence. Les choix résidentiels des ménages jouent un rôle essentiel dans l’intensité des déplacements et le niveau de redistribution des revenus en Loire-Atlantique. Mais chercher à tout prix un équilibre emplois/habitants sur chaque intercommunalité est devenue une promesse vaine aujourd’hui tant les facteurs de changement se sont multipliés ces dernières années (le critère domicile-travail n’est pas le seul considéré par les ménages lorsqu’ils cherchent une résidence, les mobilités résidentielles sont moins prononcées que les mobilités professionnelles…)

115 176, c’est le nombre d’inscrits à Pôle Emploi en Loire-Atlantique, fin juin 2019. C’est aussi 4 000 personnes de plus qu’en 2016 à la même période. Le contexte démographique et économique illustré plus haut a permis certes de réduire le taux de chômage sur la zone d’emploi de Nantes (il est de 6,6 % au T2 2019, tandis qu’il atteignait 8 % en 2014), mais n’a pas suffi à réduire la quantité de demandeurs d’emplois, visibles sur le territoire. Une partie des hausses des inscriptions a coïncidé avec la hausse de l’activité réduite, déjà caractéristique de l’ouest français (plusieurs heures travaillées durant le mois d’inscription). En revanche, on ne sait pas quelle est la part de parcours liés à un choix ou à une solution temporaire de travail. De leur côté, les difficultés de recrutement pressenties par les chefs d’entreprises sont croissantes pour une majorité des projets. Ces difficultés puisent dans des facteurs variés, dont la mobilité fait par exemple partie.

Les dynamiques socioéconomiques sont favorables dans leur ensemble pour les territoires du département. Elles appellent cependant à rester vigilants quant à l’accentuation de certaines inégalités sociospatiales. Si la croissance démographique va se poursuivre dans les 15 prochaines années, rien n’est en revanche acquis en matière de dynamisme économique. Le développement économique du territoire relève de plusieurs mécanismes peu influencés actuellement par l’action publique. Une régulation par l’action publique sera cependant utile et bénéfique pour le développement de tous les territoires. Enfin, de nouvelles initiatives en matière de coopérations territoriales permettront de créer de nouveaux liens souhaitables pour les territoires.

Sources : Insee, Acoss-urssaf, Pôle Emploi, Diane, Traitements Auran 2019
  • 41 000

    actifs de plus qu’en 2011 habitent sur la Loire-Atlantique

  • 56 000

    emplois salariés privés ont été totalisés en plus entre 2011 et 2018 sur l’ensemble du département.

  • +15 %

    c’est le rythme de la croissance de l’emploi dans la sphère productive entre 2015 et 2018 en Loire-Atlantique ainsi que sur la zone d’emploi de Nantes.

  • 66,4 %

    c’est le taux d’emploi observé en moyenne en Loire-Atlantique.

  • 64 %

    des actifs de Loire-Atlantique travaillent dans une autre commune que leur commune de résidence

  • 115 176

    c’est le nombre d’inscrits à Pôle Emploi en Loire-Atlantique, fin juin 2019.

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