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Agence d'Urbanisme de la Région Nantaise

L’Agence d’urbanisme de la région nantaise (AURAN) produit des analyses, décrypte les tendances et actualise des données pour les collectivités. C’est un outil partenarial d’aide à la décision pour les élus et une ressource pour la compréhension et la mémoire des territoires.

Mon maire, ce robot ? Retour sur la table-ronde du 19 septembre

70 personnes sont venues participer au débat sur la place de l’intelligence artificielle dans les politiques publiques locales ce 19 septembre, dans le cadre de la 6ème édition de la Nantes Digital Week. Après avoir traité le sujet de l’économie des plateformes numériques en 2017 puis celui de l’importance des données dans la ville intelligente en 2018, l’Auran proposait cette année un débat sur les opportunités d’usage de l’intelligence artificielle dans l’action publique locale.

Les intervenants ont été unanimes, l’IA n’est pas une révolution qui permettra la création de nouveaux services aux usagers. L’IA constitue un outil, au service de l’amélioration des politiques publiques, qui peut permettre de gagner du temps, d’être plus efficace et de repositionner le travail des agents sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.

Les intervenants :
Christophe Bortolaso, repsonsable R&D chez Berger-Levrault
Raphaël Kazadi, Chef de projet - support business aux projets smart city chez Engie
Alain Raguideau, Président du Club Immobilier Nantes Atlantique et Dirigeant de Galeo

 
LES DONNÉES SONT AU CŒUR DES TECHNOLOGIES D’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

« Disposer de données fiables et nombreuses est un principe de base. »

La donnée est au cœur du fonctionnement de tout système d’intelligence artificielle. Sans données, pas d’IA. Pour autant, tous les champs d’intervention des politiques publiques locales ne sont pas logés à la même enseigne. L’organisation et le nettoyage des données est un enjeu majeur pour les collectivités dans chacun de leurs champs d’intervention.

« On a autant de données que l’on veut. Mais quelle est la finalité ? »

La complexité et les prérequis des projets d’IA ne doivent pas faire oublier l’essentiel. Ce sont les enjeux des politiques publiques locales qui justifient l’intervention publique et non pas la technologie. Ce sont les problèmes à résoudre qui guident les choix des décideurs locaux. L’existence de données ne constitue pas une condition suffisante pour s’embarquer dans le développement d’un projet d’IA. La question des objectifs de l’action publique est la seule entrée pertinente avant même d’envisager la développement d’un projet d’intelligence artificielle.

« Dans tous les projets basés sur la donnée l’apport de connaissances thématiques est incontournable »

Les données reflètent des situations que seuls les professionnels des métiers, de l’immobilier pour le logement ou de la mobilité pour les déplacements, peuvent mettre en perspective et expliquer. La compréhension des données d’entrée de l’IA est indispensable à l’interprétation des résultats qui en découlent. Sans compétence métier, pas de projet d’IA. Encore une fois, l’IA reste un outil au service de l’action publique. La machine donne un résultat, ce sont les agents et décideurs locaux qui lui donnent du sens.

« Les données sont le carburant de chaque entreprise, le partager c’est se dévoiler »

Les acteurs privés ont un rôle à jouer dans l’amélioration des politiques publiques locales par les données qu’ils collectent auprès de leurs clients et usagers. Seulement, mettre ses informations au pot commun peut être perçu comme une façon de se dévoiler auprès de ses potentiels concurrents. Une nouvelle fois dans les solutions de « ville intelligente », c’est la notion de la gouvernance des données qui est questionnée pour un usage d’intérêt collectif.

 
L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE APPLIQUE LES RÈGLES DÉFINIES PAR L’HUMAIN

« L’intervention humaine reste absolument nécessaire, car l’urbanisme touche les riverains, et il faut les écouter »

L’intégration de l’IA dans l’intervention publique c’est aussi la réduction de la part de subjectivité dans la prise de décision. Pour autant, l’intervention humaine n’est pas vouée à disparaitre du processus de mise en œuvre des politiques publiques. Pour améliorer l’acceptabilité de la technologie il faut pouvoir en faire la pédagogie, informer et expliquer les décisions prises, et même parfois avec empathie.

« Laissons les règles être contrôlées par les machines. Laissons les humains décider des règles. »

Le « Robotic Process Automation », ou l’automatisation des tâches, permet de s’affranchir des tâches ingrates et fastidieuses. L’intelligence artificielle, infaillible dans la tâche qui lui a été déléguée, épluche sans fatigue les piles de dossiers tous organisés sur le même modèle de formulaire administratif. Elle fait aussi planer la crainte d’une administration locale gérée par les robots. L’IA est construite pour répondre à des objectifs politiques. C’est toujours l’humain qui dicte les règles et donne du sens à un ensemble d’actions au service du collectif.

« La machine peut aider à balayer des paramètres et à réduire les délais de traitements administratifs »

L’application numéro #1 de l’IA dans les collectivités territoriales dans les 5 prochaines années ? Très clairement, l’instruction des dossiers administratifs par la machine permettrait de gagner en efficience de réduire les risques d’erreurs. C’est par exemple déjà la cas dans le domaine des ressources humaines avec la vérification des bulletins de paie par l’intelligence artificielle. Demain, on pourrait envisager le même principe pour le contrôle des dossiers de demande de permis de construire.

 

L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL FAIT PARTIE DES PARAMÈTRES A PRENDRE EN COMPTE

« Si l’algorithme utilise plus d’énergie que le gain énergétique qu’il permet, ca ne vaut pas la peine. »

L’IA, tout aussi performante qu’elle puisse être, reste un outil numérique qui déclenche des calculs et consomme de l’énergie. Une autre limite de ces technologie, leur consommation d’énergie pour apporter une solution nouvelle à un enjeu de politique publique. Ces derniers jours, Google aurait réussi à construire le premier ordinateur quantique capable de résoudre un problème hors d'atteinte du supercalculateur le plus puissant au monde. L’histoire ne dit pas encore combien d’énergie a été nécessaire à la résolution de ce problème. L’impact environnemental des solutions numériques fait aussi parti des paramètres à considérer avant de se lancer dans un projet d’IA.

Pour en savoir plus, retrouvez ici la synthèse de l’Auran consacrée à la place de l’IA dans les politiques publiques locales.

 

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