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Agence d'Urbanisme de la Région Nantaise

L’Agence d’urbanisme de la région nantaise (AURAN) produit des analyses, décrypte les tendances et actualise des données pour les collectivités. C’est un outil partenarial d’aide à la décision pour les élus et une ressource pour la compréhension et la mémoire des territoires.

Etude de stratégie économique du Pays de Retz

Un contexte : la volonté d’aller plus loin ensemble sur la stratégie économique

 

Suite à l’élaboration du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) du Pays de Retz, les intercommunalités membres ont décidé de poursuivre les travaux engagés en lançant une étude de stratégie économique s’intéressant à toutes les composantes de l’économie -le tissu économique, les filières, les sites d’activité et  l’emploi- afin de construire une ambition partagée sur le développement économique du territoire.

Cette étude, lancée en septembre 2014 et confiée à l’Auran, est la première étude qui couvre un champ aussi large de thèmes économiques (tissu économique, foncier, emploi, marché du travail…) sur le territoire du Pays de Retz. Elle a permis de révéler et de partager les enjeux du territoire et de bâtir un plan d’action partagé par les intercommunalités pour développer ensemble l’économie du Pays de Retz.

 

Un diagnostic : un territoire dynamique aux atouts à valoriser

 

Le diagnostic s’est organisé autour de trois phases thématiques successives qui ont permis d’éclairer les principaux enjeux du Pays de Retz en matière de développement économique :

  • Une phase sur les dynamiques du tissu économique et les filières ;
  • Une phase sur les sites d’activités ;
  • Une phase sur l’emploi et la formation.

Deux zooms thématiques sont venus compléter ce diagnostic, l’un sur les services publics, mené par l’Agence, et un second sur le commerce mené par la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Loire-Atlantique.

Sources : Insee RGP 2011 - Sirene 2013

Un tissu économique dynamique qui s’appuie sur des filières traditionnelles en plein renouvellement

 

Le territoire du Pays de Retz connaît aujourd’hui un renouvellement profond de son économie. Longtemps marquée principalement par l’activité industrielle et artisanale, la dynamique du tissu économique est portée désormais par le poids croissant des activités présentielles (services aux personnes, commerce de détail…). Cette transformation s’explique par plusieurs facteurs : le phénomène de désindustrialisation observé sur toute la France depuis les années 80 avec un emploi industriel fragilisé par la crise économique, une dynamique périurbaine forte à proximité des agglomérations nantaise et nazairienne, une forte croissance de la population, notamment des tranches d’âges les plus jeunes et les plus âgées avec de nouveaux besoins et de nouveaux moyens, un renouveau de l’économie de proximité et de l’entreprenariat local avec un essor marqué des entreprises individuelles…

Pour en savoir plus :  Les moteurs du développement économique en Loire-Atlantique

Le Pays de Retz est un territoire attractif qui attire plus d’établissements chaque année qu’il n’en émet au jeu des transferts d’établissements (déménagement d’unités de production d’un territoire à l’autre). En 2013, sur les 450 échanges, près de la moitié concernait des mouvements internes, 30 % des arrivées et 20 % des départs. Plusieurs dynamiques sont à l’œuvre : la CC de Pornic qui agit comme une « porte d’entrée » du territoire en attirant des établissements éloignés et en redistribuant localement, la CC de Grand Lieu qui bénéficie du desserrement de l’agglomération nantaise, la CC de Sud Estuaire qui attire des établissements du reste du Pays de Retz mais qui est déficitaire dans ses échanges avec les autres territoires et les CC de la région de Machecoul, de Loire Atlantique Méridionale et de Cœur Pays de Retz qui possèdent des profils plutôt équilibrés dans leurs échanges. Le Pays de Retz attire globalement des entreprises liées à ses filières spécifiques (construction, santé, tourisme), notamment en lien avec le développement des activités présentielles mais perd des établissements liés aux fonctions métropolitaines stratégiques.

Sur les 24 950 emplois salariés privés comptabilisés en 2013 sur le Pays de Retz, 42 % appartenaient à des secteurs deux fois plus représentés localement en comparaison de l’ensemble du tissu économique français. Ces secteurs peuvent être rattachés pour la plupart à cinq grandes filières spécifiques du Pays de Retz :

  • l’agroalimentaire : avec 4 500 emplois salariés privés en 2013 au sein de près de 750 établissements, la filière présente un dynamisme notable par rapport au reste du département. Elle est à la fois marquée par une agriculture diversifiée et reconnue (maraichage, lait, conchyliculture, vin…) mais aussi par la présence de grandes entreprises emblématiques de transformation (Biscuiterie St-Michel, Laiterie St-Père, Fromagerie Beillevaire…). Elle est aujourd’hui confrontée à deux défis principaux : l’émergence des circuits-courts (label « Produits en Pays de Retz ») et le déficit d’image des métiers de l’agroalimentaire que ce soit dans la production pour les reprises d’exploitations ou dans la transformation pour tous les niveaux de qualification.

 

  • la construction : la filière représente près de 8 600 emplois salariés privés en 2013 sur le territoire. D’abord constituée autour de son tissu industriel spécialisé dans la construction, développant des savoir-faire uniques et des entreprises de grande taille (Novoferm, Bel’M, Maugin…), elle a profité de la proximité des agglomérations nantaise et nazairienne ainsi que de l’attractivité du littoral pour constituer un maillage artisanal fort. S’appuyant sur des compétences polyvalentes, les entreprises artisanales et industrielles de la construction s’ouvrent sur de nouveaux marchés et créent des liens avec d’autres filières traditionnelles ou émergentes du territoire (nautisme, énergies nouvelles renouvelables…).

 

  • la santé : la filière Santé n’est présente que partiellement mais, forte de près de 4 000 emplois salariés privés, elle constitue une véritable spécificité pour le Pays de Retz autour de l’hébergement pour les personnes âgées ou handicapées. Ce secteur très structuré est un véritable terrain d’expérimentation pour les partenariats publics-privés. Ce contexte favorable pourrait d’ailleurs servir de base au développement de nouvelles activités (recherche, formation, industrie…), en s’appuyant notamment sur l’essor de la « silver economy » (économie au service des personnes âgées) avec la participation active de nombreux acteurs locaux au gérontopole départemental.

 

  • le tourisme : la filière du Pays de Retz  est structurée et portée par l’offre littorale qui concentre les capacités d’hébergement et l’emploi (dont les 3/4 sont situés sur la CC de Pornic). Elle reste néanmoins en retrait sur le reste du territoire malgré les opportunités liées au patrimoine historique, agricole et paysager et à la proximité de grands axes touristiques (Loire à Vélo, Puy du Fou, Voyage à Nantes…). L’identité touristique du Pays de Retz reste donc à conforter en consolidant les liens entre les différents systèmes touristiques du territoire.

 

  • les secteurs industriels multi-filières : le Pays de Retz est marqué par la présence d’une multitude de secteurs industriels surreprésentés dans l’emploi mais qui ne peuvent être rattachés à une filière bien identifiée. Ces secteurs « multi-filières » recoupent des réalités bien différentes. Souvent composés de quelques entreprises, ils constituent une spécificité du Pays de Retz qu’il ne faut pas négliger puisqu’ils représentent près de 3 200 emplois (13 % de l’emploi salarié privé du territoire). Ces secteurs s’appuient souvent sur des savoir-faire historiques du territoire mais ont connu des trajectoires variées : une diversification des débouchés et des marchés liés à des savoir-faire transversaux (industrie métallique, fabricants de machines…), un retour au marché local pour des industries liées à la consommation locale ou touristique (ferronnerie, faïencerie…), une spécialisation de certains grands donneurs d’ordre locaux (Pilote, Manufacture Française des Cycles, Armor…), une ouverture vers des filières émergentes et/ou très spécifiques (nautisme, énergie, matériaux composites, EMR…)

 

Pour aller plus loin : Cahier 1 // Dynamisme du tissu économique & Filières

 

Des sites d’activités de nature et de qualité très variables

L’emploi dans le Pays de Retz est aujourd’hui concentré pour plus de 40 % dans le tissu urbain constitué et pour près du tiers en zone d’activités (ZAE). Le reste (25 %) se situe en-dehors des espaces d’accueil traditionnels : cette part importante du diffus s’explique en partie par la présence historique de grandes entreprises (biscuiterie St-Michel…) et par le poids de l’activité agricole. L’emploi se distribue sur le Pays de Retz de façon plutôt classique sur le territoire, avec des activités peu compatibles avec la fonction résidentielle qui se concentrent dans les ZAE (commerce de gros, construction, industrie, transport et logistique…) et des activités qui choisissent plus facilement la localisation en centre urbain (hôtellerie-restauration, artisanat commercial, services aux personnes…). A l’inverse,  les activités de commerce de détail  sont plutôt en retrait dans les centres urbains alors qu’elles sont surreprésentées dans les zones d’activités et qu’elles ont vocation à se concentrer, lorsque cela est possible en centralité.  La répartition plutôt équilibrée entre tous les types d’espace de l’emploi dans le service aux entreprises interroge aussi sur la stratégie d’accueil du territoire.

Pour en savoir plus : La localisation de l’emploi par types d’espaces, un outil de suivi et d’évaluation des politiques publiques

 

Le SCoT du Pays de Retz, approuvé en 2013, s’est fixé des objectifs en termes d’accueil de l’emploi et des entreprises et comprenait un Document d’Aménagement Commercial (DAC) portant sur l’urbanisme commercial. L’activité économique doit trouver sa place prioritairement en centre urbain mais pour les activités non-compatibles, le SCoT prévoyait la mise en place d’une organisation de l’offre foncière en ZAE afin d’être en capacité de répondre de façon différenciée à la demande de localisation des  entreprises :

  • les zones interterritoriales stratégiques, réservées à de grands projets dont les enjeux dépassent le Pays de Retz. Hormis le secteur éolien du Carnet, elles sont encore à l’état de projet et représentent près de 40 % des réserves dédiées à l’activité du territoire (près de 300ha).

 

  • les zones d’équilibre, de dimension et d’enjeux intercommunaux, qui ont un rôle de « vitrine économique » du territoire. Elles représentent le tiers du foncier d’activité urbanisé (510ha) et près du quart des réserves dédiées à l’activité. Elles sont partagées principalement entre les zones à dominante industrielle et les zones à dominante commerciale. La mise en œuvre du DAC devrait permettre à terme d’encadrer la place du commerce sur ces zones afin d’éviter les conflits d’usage et les pressions sur le foncier dédié à l’activité.

 

  • les zones d’activités de proximité, de dimension et d’enjeux communaux, qui ont vocation à accueillir les activités de proximité (artisanat notamment) qui n’ont pas trouvé leur place en centre urbain. Elles totalisent aujourd’hui une surface urbanisée du même ordre que les zones d’équilibre pour moitié moins de réserves (100ha). Elles sont plus volontiers dominées par des activités industrielles ou artisanales, remplissant leur vocation fixée par le SCoT.

 

  • les zones spécialisées, destinées à accueillir des projets spécifiques porteurs d’activité ou d’emplois. Elles regroupent aujourd’hui des réalités très différentes entre les zones d’équipements (Ecocentre Ste-Anne…) ou de loisirs (Planète Sauvage…) et les zones dédiées à de l’activité spécialisée (Zone conchylicole du Marais…).

 

  • les zones commerciales, définies dans le Document d’Aménagement Commercial du SCoT, destinées à accueillir les commerces ne trouvant pas leur place dans les centres urbains. Elles regroupent aujourd’hui plus de 7 % de l’emploi sur 155 ha.

 

Pour en savoir plus  : SCoT du Pays de Retz

 

La qualité des zones et leur fonctionnalité doivent contribuer au renforcement de la lisibilité de l’offre foncière.  La gestion des zones d’activités dans les intercommunalités du Pays de Retz relève aujourd’hui de niveaux de compétences très variables d’un territoire à l’autre (compétence intercommunale, compétence partagée, compétence communale) qui témoignent d’autant de pratiques différentes. Globalement, les zones d’activités sont néanmoins caractérisées par des traitements qualitatifs relativement homogènes selon leur niveau hiérarchique, confortant l’organisation proposée lors de l’élaboration du SCoT.

Toutes les intercommunalités ont fait un effort conséquent pour améliorer la visibilité et l’image de leurs zones via la signalétique externe et le traitement des interfaces avec le tissu urbain ou les espaces agricoles. Il reste cependant de grandes disparités sur le traitement interne de la zone que ce soit en termes de signalétique interne, de traitement paysager ou même de qualité de la chaussée… L’accessibilité et le niveau de services pour les salariés, fournisseurs et clients sont des problématiques communes à toutes les zones : les zones d’équilibre, qui concentrent l’emploi et ont un rôle de vitrine, présentent peu de diversité dans les services offerts et restent peu accessible aux modes alternatifs à la voiture individuelles ; les zones de proximité bénéficie de la proximité des centres-bourgs mais connaissent aussi pour la plupart un déficit d’accessibilité notamment depuis le bourg par des cheminements piétons/vélos sécurisés.

Les zones d’activités peuvent aussi s’avérer être des terrains d’expérimentation que ce soit en matière d’énergies renouvelables, notamment pour le solaire, d’intégration des clubs d’entreprises dans les processus de gestion et d’amélioration des zones, de collaboration avec le monde agricole (entretien paysager, méthanisation…).

Pour aller plus loin : Cahier 2 // Foncier économique

 

Un emploi en forte croissance marqué par la saisonnalité et l’entreprenariat

 

L’emploi du Pays de Retz est marqué par la forte part des non-salariés, principalement chez les hommes, liée en grande partie au fort tissu artisanal et commercial du Pays de Retz et par la forte part des emplois féminins en contrat à durée déterminée et en temps partiel, notamment dans les secteurs du commerce et des services aux personnes.

Même si les évolutions récentes confirment une convergence avec les moyennes départementales, le Pays de Retz se caractérise par une surreprésentation dans sa population d’habitants des personnes ayant un niveau de diplôme équivalent au BEP ou CAP et une sous-représentation d’habitants ayant un diplôme de l’enseignement supérieur. Cela correspond à son tissu économique traditionnel marqué par l’industrie et l’artisanat et répond aussi à l’essor d’activités présentielles peu qualifiées. L’offre de formation locale initiale ne propose d’ailleurs pas de niveau supérieur au Bac et se concentre principalement sur le service aux personnes tandis que l’offre de formation continue se concentre sur l’accompagnement des publics faiblement qualifiés et l’insertion des publics éloignés de l’emploi.

Si le nombre d’emplois a connu une croissance notable depuis 2006 par rapport aux moyennes départementales, le nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A a aussi connu un essor rapide, principalement lié à l’impact de la crise économique sur le territoire, touchant des populations déjà fragilisées : les séniors et les jeunes. Les demandeurs d’emplois du Pays de Retz se caractérisent principalement par leurs faibles qualifications et un manque de mobilité géographique, notamment dans les territoires les plus méridionaux. Le marché du travail reste cependant plutôt dynamique avec des offres nombreuses en lien avec les filières spécifiques du territoire mais très marquées par la saisonnalité.

Avec un ratio de 0,65 emploi pour un actif résidant, le Pays de Retz demeure un territoire qui émet quotidiennement des actifs vers les territoires voisins, notamment les agglomérations nantaise et nazairienne, même si la part des déplacements quotidiens effectués en interne a tendance à augmenter. Ces flux vers l’extérieur concernent principalement les professions intermédiaires et les cadres dont la polarisation vers les agglomérations a tendance au contraire à se renforcer, par l’effet d’une périurbanisation affirmée des actifs cadres.

Pour aller plus loin : Cahier 3 // Emploi et Formation

 

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